Feux d’artifice
Le 26 juillet, je suis allée voir les feux d’artifice de la Ronde avec ma belle-famille. Je n’avais pas vraiment d’y aller, car je les ai vus plusieurs fois, mais j’ai décidé de suivre le groupe. Au-delà de mon manque d’intérêt pour ce type de divertissement, je suis convaincue qu’en 2026, les prouesses pyrotechniques n’ont plus leur place pour des raisons environnementales bien documentées.
Les feux d’artifice propagent des particules fines dans l’air (comme les feux de forêt) et aussi des métaux lourds (qui donnent la couleur aux feux) qui retombent sur le sol et dans l’eau. De plus, une courte recherche sur Google m’a appris que les détonations causent un stress important chez les oiseaux, certains si désorientés qu’ils abandonnent leur nid et leurs petits.
Selon un article dans le Journal de Montréal, l’équipement pyrotechnique requis pour une soirée régulière des feux d’artifice de la Ronde coûterait environ 200 000$. 200 000 $, deux fois par semaine pendant un mois, on arrive à un total de 1,6 million $. En tant qu’ancienne employée du milieu communautaire, je peux vous assurer qu’il y a bien des organismes qui pourraient assurer un service de base essentiel à la population pendant plus d’un an avec tout cet argent.
Feux de forêt et guerres
Au-delà de l’impact environnemental, j’ai été aussi choquée par le contexte dans lequel les feux d’artifice ont lieu cet été. Comme vous le savez, l’Europe et le Canada combattent actuellement des feux de forêt importants et plusieurs guerres sévissent en Europe et au Moyen-Orient.
La soirée du 26 juillet, en regardant les feux, j’entendais ainsi des bruits similaires à des sifflements de missiles qui fendent l’air et des détonations terrifiantes. En tournant le dos au spectacle, je voyais une ville paisible sauf pour les bruits de guerre et des lueurs orangées qui teintent les vitres des édifices. Je me suis dit : « On pourrait être à Beyrouth. »
(On raconte d’ailleurs que les personnes qui vivent la guerre pour la première fois confondent souvent les explosifs pour des feux d’artifice.)
Alors, j’étais là, à questionner ce qui se déployait devant mes yeux, en regardant un immense nuage de particules toxiques flotter vers la gauche, tout en écoutant des bruits de missiles monter vers le ciel. Une catastrophe, en somme, que l’on choisit de s’infliger pour le plaisir, quand des millions de personnes sont actuellement traumatisées par des guerres et des feux de forêt meurtriers.
Je trouve que ça manque de jugement et de délicatesse. Envers les personnes qui ont connu la guerre et qui viennent trouver la paix ici Canada, et envers tous ceux et celles qui combattent des feux de forêt ici et en Europe cet été.
Durant le spectacle assourdissant, je regardais la lune à ma droite, pleine, lumineuse et apaisante, et je me disais que les humains devraient davantage aspirer à la tranquillité qu’au chaos, qu’il soit pyrotechnique ou non.
Spectacle de drones
Avez-vous déjà vu des vidéos de spectacles de drones en Chine ? C’est impressionnant. Des milliers de drones qui volent à l’unisson pour créer des formes 3D d’une parfaite précision.
Les spectacles de drones ont eux aussi un impact négatif sur l’environnement, en raison de tout l’équipement et de toute l’électricité qu’ils requièrent, mais je trouve qu’ils sont plus impressionnants et moins violents que les feux d’artifice.
Ces spectacles sont aussi de réelles prouesses techniques, tandis que lancer des pétards dans les airs fait plutôt moyenâgeux en 2026.
Qu’en pensez-vous ?