Oops, I did it again
Comme plusieurs, j’ai une dépendance aux écrans. Ma plateforme fétiche est YouTube. Quand je travaille ou que je lis un livre papier, j’ai souvent envie d’aller regarder une courte vidéo, juste pour me donner un petit kick. Plus je me permets de dévier, plus j’affaiblis ma capacité d’attention. C’est terrible, mais c’est comme ça.
L’addiction aux écrans est une drôle de dépendance, car même si je n’ai pas visionné de vidéos pendant plusieurs jours, l’envie, au lieu de diminuer, revient au galop, et là, ça dégénère. « Juste une autre Odile, après tu continueras ton livre », comme si je devais rattraper le temps où je n’ai pas consommé. Évidemment, mon heure de dodo est bien dépassée quand je réussis enfin à me sortir de la plateforme.
Voici comment se déroule une soirée type de débauche numérique.
YouTube me connaissant bien, ça commence par une courte vidéo inoffensive d’une scène d’un film que j’ai déjà vu et apprécié. Ensuite, je tombe sur une scène d’un autre film que j’ai aimé, et de fil en aiguille, j’arrive sur une scène de film que j’ai vu (ou que je ne veux pas assez voir pour payer pour) et j’essaye de visionner en ordre le plus de scènes possible pour me rappeler les meilleurs moments (ou me donner l’illusion d’avoir vu le film au complet).
Pendant que je visionne les vidéos, j’ai honte. Je suis à la fois immergée dans mon plaisir et critique de mon comportement déviant. Je me dis que je suis faible et que je perds mon temps, mais aussi que je suis simplement une femme de mon temps, que je ne suis pas pire qu’une autre.
Plus ça avance, pus je perds ma connexion avec la réalité. Quand je réussis enfin à revenir à moi, habituellement après avoir vu par hasard l’heure qu’il était (22h30 hier soir !), je ferme mon téléphone honteusement, ramasse mon fouillis dans l’appartement et vais me coucher le plus rapidement possible. (Parfois, je lis un article de journal papier ou j’écoute quelques minutes d’un balado sérieux pour me donner bonne conscience, comme pour effacer mon péché).
Le lendemain matin, en ouvrant mon ordinateur pour débuter ma journée de travail, encore pâteuse de mon excès d’écran de la veille, je retourne sur YouTube et accède à mon historique pour effacer mon crime. Une à une, j’efface les vidéos visionnées, incrédule à la quantité consommée en une seule soirée.
Supprimer cet historique conserve la « pureté » de mon algorithme de vidéos « sérieuses » que je souhaite vraiment consommer, et me donne l’illusion que ma soirée de débauche n’a pas existé… jusqu’au prochain incident.
Et vous ? Conservez-vous ou effacez-vous votre historique sur YouTube ?
Pour ceux et celles qui souhaiteraient alléger leur empreinte digitale, sachez que vous pouvez choisir de conserver les vidéos regardées 3 mois, 18 mois ou 36 mois, ou de désactiver l’historique. En réduisant le nombre de vidéos enregistrées, vous occupez ainsi moins d’espace dans le nuage numérique.