Inhumaine
J’ai lancé un coucou sur Facebook il y a quelques jours. J’ai demandé à mon réseau quels étaient les deux choses dont ils s’ennuient le plus depuis le début du confinement. Ma réponse était :
- Me bourrer la face dans un diner
- Faire des longueurs à la piscine
Ceux qui ont répondu ont tous écrit quelque chose en lien avec le besoin de proximité avec autrui : faire des câlins, voir ses enfants, danser en groupe. Ça m’a fait réfléchir parce que ça me confronte à mon inhumanité. Je n’ai pas besoin des gens. De mon point de vue, mes relations sont demeurées intactes depuis le confinement.
J’aimerais tellement vous dire que la distanciation sociale est insupportable et que j’ai l’intention de frencher tous mes amis quand ça sera possible (comme une amie a l’intention de faire), mais non. J’suis ben. Je vois ma colloc tous les jours, j’appelle mon monde, je zoome, et c’est suffisant.
Est-ce si grave de ne pas avoir besoin de la proximité physique de ma famille et amis ? Sentez-vous vraiment qu’il manque quelque chose à vos relations ?
On ne parle évidemment pas ici des amants, douces moitiés et autres relations amoureuses et sexuelles dont l’entente implique le toucher.
Je me juge pour être différente, mais en même temps, c’est cette froideur qui me permet d’accomplir de grandes choses. Pendant que la majorité des gens souffrent du manque de toucher, moi je ne me suis jamais sentie aussi libre. Sans les autres, je suis 100% moi. L’étiquette, la bienséance, toutes des conventions qui m’épuisent. Un ami me partageait qu’après quelques semaines d’isolation, son expression faciale s’est assouplie. Plus de sourire figé. Seulement son expression naturelle.
Ce n’est pas vrai à 100% que je n’ai pas besoin des gens. Ceux qui me connaissent savent que je refoule mes grands élans d’amour. N’empêche, c’est qui qui est en feu en ce moment: moi !